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PLANETE-EXCALIBUR

Humble Critique du film SKYFALL

3 Novembre 2012 , Rédigé par Frédérick Publié dans #Critique

Aujourd'hui, les sagas cinématographiques sont légion. On ne compte plus le nombre de franchises sur lesquelles les producteurs misent pour s'assurer des revenus confortables et faciles. En effet, les productions ont des budgets tellement énormes qu'il est plus rassurant de décliner des personnages sur plusieurs films. James Bond est certainement le précurseur en ce domaine. Mais avec déjà 22 films au compteur (sans compter Jamais plus Jamais et le parodique Casino Royale avec David Niven), l'agent 007 peut-il encore arriver à surprendre avec ce nouvel opus ?... Oh que oui !

Faire du neuf avec du vieux est une chose délicate avec James Bond. Ce personnage issu des romans de Ian Fleming est devenu au fil du temps un genre cinématographique à lui tout seul. Il y a le le film policier, le film d'espionnage et le film "à la James Bond". Il a été souvent copié (et aussi très souvent parodié) mais jamais égalé ! La nouvelle équipe au commande de ce nouvel épisode avait un sacré défi à relever, surtout que Casino Royale avait placé la barre très haut en 2006.

Pour cela, les codes inhérents au genre ont été bousculés, voir bafoués et cela dès le début du film. Comme pour Quantum of Solace, on fait fi de la sublime introduction où l'espion s'avance dans le cercle d'un canon de revolver pour ensuite vous tirer une balle en pleine face jusqu'à ce que le sang rouge emplisse tout l'écran. Très vite, on rentre dans le vif de l'action à tel point que le climax, plutôt que d'arriver en séquence finale comme le veut tout bon film d'action, nous est présenté dans le pré-générique ! Pré-générique qui s'achève sur la "mort" du héros !!! Et là, on comprend très vite les intentions des auteurs : le nouveau James Bond, qui tel le Phénix renaîtra de ses cendres, ne sera pas celui que l'on a toujours connu jusqu'à présent.

En effet, plutôt que de rentrer au bercail, notre espion préfère noyer son amertume dans ses occupations favorites : le sexe et l'alcool. Malgré tout, cela ne l'empêche pas d'avoir  toujours le goût de flirter avec la mort (en jouant avec un scorpion, animal phallique et destructeur s'il en est). Il faudra attendre que le MI6 et sa gestionnaire soient en danger pour que James Bond décide de redevenir l'agent 007.

Sans dévoiler les suites de l'intrigue, on a enfin le plaisir de voir l'agent au permis de tuer se retrouver face à un ennemi qui n'est que le reflet de lui-même dans l'ombre. Enfin un ennemi à la hauteur de James Bond, enfin un ennemi qui n'est pas un énième savant fou rêvant de dominer le monde, enfin un ennemi qui n'est pas une caricature de méchant.

Le retour aux sources...

 

Aussi, la grande qualité de ce film vient de la réalisation. Sam Mendes met en scène et cadre merveilleusement chaque séquence et a la grande sagesse de ne pas céder aux facilités très tape-à-l'oeil en vogue aujourd'hui, comme par exemple les effets de caméras secouées alliés à un montage à la serpe, à l'instar de la série Jason Bourne (Initials J.B !). Au contraire, chaque scène a le rythme qu'il faut, le cadrage qu'il faut...

La première rencontre avec le "bad guy" interprété par Javier Bardem est éloquente à ce sujet : le personnage apparaît de loin dans une mise au point flou. Puis, le personnage avance dans le cadre sans plan de coupe jusqu'à devenir net. D'une grande simplicité mais du grand art.

Tous les acteurs jouent juste, les dialogues sont aux petits oignons et surtout, les clins d'oeil à la saga sont amenés avec finesse et respect du matériau d'origine (on est loin des blagues bien grasses et des grands coups de coudes dans les côtes pour les 40 ans du personnage dans Meurs un autre Jour). Et surtout, les scénaristes n'hésitent pas à mettre en perspective diverses symboliques comme le retour aux sources du personnage (très peu de gadgets, une intrigue basée sur de l'espionnage pur) à James Bond lui-même qui revient sur les lieux et les traumatismes de son enfance. Mais en même temps, <SPOILERS ALERT> en laissant détruire son manoir familiale et son iconique Aston Martin, il fait table rase de son passé. Sa relation avec M, dont il est clairement explicité qu'elle serait pour lui une mère de substition, prend également fin ici, sur les terres où ses parents reposent. Là, on comprend que l'on se retrouve face à une oeuvre crépusculaire, à tel point que certains se sont dit que l'aventure Bond pourrait s'arrêter là. Que Nenni, tout cela nous a été raconté pour prouver ce qui a été initié il y a 6 ans dans Casino Royale, c'est un nouveau James Bond qui est là et nous avons assisté à sa renaissance ! <FIN DES SPOILERS>

Un James Bond crépusculaire...

 

L'arrivée du célèbre logo qui habituellement ouvrait le film est peut-être placé en fermeture pour nous dire que le film entier était d'une certaine façon un pré-générique géant et que l'on est reparti pour 50 ans de nouvelles aventures avec 007 !

Le seul reproche que j'oserais faire au film serait de nous présenter un méchant qui arrive une fois de plus à tout prévoir à l'avance comme sa capture et son évasion. Il arrive même à prévoir où se trouverait James Bond à un emplacement précis et à un instant T juste pour lui mettre littéralement un métro dans la gueule.

Hormis ce ressort dramatique un peu trop déjà-vu, Skyfall est à ce jour le meilleur blockbuster et peut-être le meilleur film de l'année (avant que le Hobbit ne perturbe tout cela ?). Et pour la saga Bond, il est facilement sur le podium aux côtés de Casino Royale et Au Service Secret de sa Majesté.

NOTE : 9.5/10

 

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Laurent 04/11/2012 12:11


Critique assez comparable à ma vision du film. La salle était assez unanime sur la qualité du film. On ne regrette pas les 7 euros pour la projection de ce Bond !


J'attire également ton attention sur la bande son du film : elle reflète également ta critique . La musique de Thomas Newman est un acteur à part entière de ce long métrage.


 


Je terminerai par un lien pour mon coup de coeur, l'interprétation d'Adele pour le thème d'ouverture :
http://blog.francetvinfo.fr/actu-cine/2012/10/28/pourquoi-le-skyfall-dadele-saccorde-si-bien-avec-james-bond.html

Didier 04/11/2012 07:47


Et bien je n'ai pas eu la chance de voir le film ,mais a la lecture de ta "critique" , j'ai eu l'impression de relire , un passage de la vie d'un certain "Tony stark" alias IRON MAN  !?



Mais ton (petit) résumé , est fort interessant et merci a toi de nous faire "de nouveaux" le bonheur de te lire  .


Le film doit être vraiment parfait , pour que tu mettes un 9.5 /10 , je suis grandement rassuré?


A bientot .